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mercredi 5 avril 2017

Presse et justice main dans la main sur des soupçons de fraude du FN dans le Nord

Le Canard enchaîné, journal anarchiste, a bénéficié d'une information de source judiciaire anonyme

Le parquet de Lille a ouvert une enquête préliminaire sur
des soupçons de fraude du groupe Front national au Conseil régional des Hauts-de-France.

Le Canard enchaîné révèle l'information de source judiciaire et non pas à la suite d'une investigation de ses journalistes du même nom mardi, au soir de la parution d'une nouvelle édition, les enquêteurs de la Justice ont communiqué au journal anarchiste  leurs soupçons sur la rémunération du FN par des fonds publics, entre 2010 et 2015. Des collaborateurs au Conseil régional auraient pu en réalité - mais une réalité au conditionnel - travailler au service du parti, notamment pour préparer l'élection présidentielle de 2012, il y a cinq ans, apprend-on à deux semaines du premier tour de la présidentielle 2017.

Toujours selon son bras médiatique armé, la justice s'intéresse notamment au cas de David Rachline, aujourd'hui directeur de la campagne présidentielle de Marine Le Pen, qui a été un temps rémunéré par le Conseil régional de Nord-Pas-de-Calais, alors qu'il était présidé par le socialiste Daniel Percheron (2001-2016).
A la même époque, David Rachline siégeait à la fois au Conseil régional de Provence-Alpes-Côte-d'Azur et au Conseil municipal de Fréjus (Var), en région PACA administrée par le socialiste Michel Vauzelle (1998-2015).

"Je crois que l'attaque politique est signée"

Ainsi a réagi l'actuel sénateur FN à propos de cette "enquête visant expressément la candidate et le directeur de campagne". "Voilà un bon prétexte pour mettre sur écoute légale le directeur de campagne de l'une des principales figures de l'opposition."

Le Canard enchaîné promet que l'enquête déterminera également si Marine Le Pen a mis des moyens matériels normalement alloués au travail des élus régionaux, comme ...l'usage de photocopieuses (!), au service de la campagne de 2012.

Les magistrats parisiens enquêtent parallèlement sur des soupçons similaires au Parlement européen

Dans ce dossier distinct, les juges d'instruction saisis d'une information judiciaire s'interrogent sur la nature des activités de plusieurs assistants d'eurodéputés, qu'ils soupçonnent d'avoir travaillé indûment pour le FN.

Deux assistants parlementaires frontistes, dont la chef de cabinet de Marine Le Pen, ont été mis en examen dans le cadre de cette enquête et Marine Le Pen elle-même a été convoquée - mais elle ne répondra pas aux juges avant la fin des élection présidentielle et législative, comme son immunité parlementaire le lui permet.

Les dirigeants du parti, qui nient toute fraude, estiment être la cible d'une justice instrumentalisée.

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