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dimanche 16 avril 2017

Pour Pâques, rencontre des musulmans intégristes de France au Bourget

Les musulmans de France ont choisi le week-end de Pâques pour se rassembler au Bourget 

A neuf jours de la présidentielle et à quelques semaines du ramadan s'est ouvert  la 34e Rencontre annuelle des musulmans de France

Un rendez-vous ouvert sous la houlette de l'UOIF le Vendredi Saintentre forum politico-religieux et foire commerciale. Bien que vivement contestée, l'Union des organisations islamiques de France (UOIF) fait en France ce qu'elle veut, où elle veut, quand elle veut, donc lors ce week-end de Pâques, comme si de rien n'était. Quelque 170.000 entrées, pour environ 50.000 visiteurs individuels, étaient attendues de vendredi après-midi à lundi soir au Parc des expositions du Bourget (Seine-Saint-Denis): la France est le cadre de la plus importante manifestation musulmane ...d'Europe.

A l'occcasion de cette 34e Rencontre annuelle des musulmans de France (RAMF) l'UOIF entendait illustrer sa capacité de mobilisation d'une fédération de 250 associations réputée pour son organisation dirigiste et la formation des imams à l'enseignement privé confessionnel. C'était enfin également l'occasion pour l'UOIF de présenter son nouveau nom, "Musulmans de France", adopté en février lors d'une assemblée générale extraordinaire.

La politique s'affiche au Bourget

Au programme, des dizaines de conférences sur des thèmes divers et variés, allant de la "prévention de la radicalisation" au "repli identitaire" en passant par "l'échec scolaire" (dans l'espace famille) ou la "foi" (au forum génér'action). Ainsi ont-ils eu droit par exemple à une conférence samedi animée par Tareq Oubrou pour répondre à la question : "Un islam de France est-il possible ?". Samedi aussi s'est tenu un café-débat autour de la question : "Egalité hommes/femmes : les textes en otage ?".

Et à seulement quelques jours du premier tour de l'élection présidentielle, l'UOIF ne s'est pas privée de programmer au Bourget un débat sur l'élection présidentielle, samedi après-midi, avec un titre sans détour : "Pour qui voter?". "Nous sommes une structure apolitique et n'avons jamais donné de consigne de vote, assure le président de l'UOIF, Amar Lasfar, en préambule. Le vote musulman, en France, n'existe pas en tant que vote structuré, organisé. Mais en tant que citoyens, il est normal que nous nous intéressions à un scrutin aussi important", fait-il néanmoins valoir.

Une rencontre snobée par les candidats, droite et gauche à l'unisson

Les candidats, notamment de gauche, ont craint de s'afficher aux côtés des musulmans de France et la fréquentation est en baisse. 
"Si je comprends bien, je fais partie des grands chantiers de Marine Le Pen. Elle veut sortir de l’Union européenne, de l’euro et interdire la rencontre des musulmans au Bourget", grince le président de l’UOIF (Union des organisations islamiques de France), Amar LasfarDéfiant la candidate favorite des sondages et ses sympathisants, il remercie même la candidate du Front national de la publicité qu’elle a faite à la manifestation qui se tient jusqu’à lundi. 

Décriée pour ses sympathies islamistes, l’organisation a joué la carte de la prudence, ce week-end. 
Après avoir massivement choisi François Hollande en 2012, l’UOIF ne donne pas de consigne pour le scrutin présidentiel. Mais Lasfar rend un hommage appuyé au premier ministre Bernard Cazeneuve, tout en regrettant le vote du Mariage pour tous et le débat sur la déchéance de nationalité. 

L’UOIF y a lancé aux musulmans un appel contre l’abstention, mais sans donner de consigne de vote."Nous voulons surtout que les musulmans aillent voter", clame Amar Lasfar, sans laisser de place au doute. 




L'UOIF choisit entre la peste et le choléra
  
La cote de Mélenchon chez les jeunes marque le divorce avec le PS.
Du fait de l’état d’urgence et des divergences sur les choix de société, les Français de confession musulmane seraient tentés par l’abstention et ils semblent tentés de se réfugier dans le vote Mélenchon, candidat du PCF. L'organisation radicale penche donc clairement du côté de l'extrême gauche.
A l’entrée du grand hall, Leïla, mère au foyer et son mari - des témoins inventés sans vergogne à la faveur du "secret des sources" - attendent la table ronde sur "Qui voter ?" Cet atelier est bien la preuve que l'UOIF travaille les consciences. La jeune trentenaire a pourtant déjà fait son choix, assure Libération que la déontologie n'étouffe pas. "Pour JLM", clame-t-elle, à l'instar des sondeurs qui le créditent étrangement de 20% des intentions de vote supposées, contre 11% en 2012. 

Parmi les jeunes musulmans, Mélenchon semble avoir la cote. Étudiant en aménagement paysager, Mulham -s'il existe vraiment, gagne un peu d’argent en étant vendeur au stand de la grande librairie Sana. "Ce sont mes convictions écologiques qui m’ont déterminé", se serait-il justifié.

Bénévole à l’UOIF, Islam, une jeune architecte qui vit entre la France et la Turquie, n’est pas inscrite sur les listes électorales, mais illustre l'adage de la gauche selon lequel l'immigration serait une chance pour la France, à défaut de l'être pour son pays d'origine. "Mais j’aurais voté blanc", explique-t-elle. Ainsi, tous les cas de figure sont-ils ainsi représentés. Leïla, comme d’autres, en veut surtout à l’ex-premier ministre, Manuel Valls. "Pendant le quinquennat, on a entendu toujours la même chose : que les femmes voilées étaient des femmes soumises", s’agace-t-elle, sans que Libération ne précise si elle est à visage découvert en France et voilée en Turquie.

Les candidats et leurs représentants - quand ils ont été invités par l’UOIF - ont soigneusement évité de venir au Bourget. Preuve, s’il était besoin, que l’organisation qui décrie le FN sent elle-même très fort le soufre. Pour la table ronde sur le vote, le nom des participants a été tenu secret jusqu'au moment de commencer. Le débat a d'ailleurs été vite expédié, un peu plus d’une vingtaine de minutes. 
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Sur la même ligne que la Manif pour tous, Camel Bechikh, l’un des participants, fait entendre sa différence. Libération ne précise pas qu'il est l'auteur de "Fils de France : plaidoyer pour un Islam enraciné" (éditeur communautaire). Ce participant est président de Fils de France et acteur de longue date du réseau associatif musulman. Pourquoi ne pas le préciser? Il soutient la thèse qu'un Français musulman peut être patriote à l’instar d’un Français catholique, juif, protestant, agnostique ou athée. Membre de l’UOIF et donc des Frères musulmans, il insiste sur la rupture entre la gauche et les milieux musulmans qu’a créée le vote du mariage gay. Et dans sa logique, il a encore plus iconoclaste de la pensée dominante. "Pourquoi nous, fils de l’immigration, ne nous poserions pas la question de savoir s’il ne faut pas désormais la [la rupture] restreindre ?" lance "ce musulman qui voulait un islam 'franchouille", selon le Nouvel Observateur.

Fréquentation en baisse à ce rassemblement des musulmans islamistes

L’un des responsables régionaux de l’UOIF, Azzedine Gaci, relève, "en aparté" (sujet à caution), qu’il verrait poindre "chez les ados et les jeunes une approche qui change vis-à-vis de l’extrême droite et du Front national. S’ils comparent le discours sur l’islam avec celui des autres politiques, ils ne voient pas de différence." Il fallait oser, surtout considérant la lecture très sectaire qu'ils ont du Coran. Si la jeunesse est vraiment en déshérence et si elle était désireuse de participer au scrutin, il faut justifier un vote pour le candidat de la "France insoumise". L'internationaliste Mélenchon plutôt que la patriote ? Alors l'intégration n'est pas pour demain...

L’UOIF n'a pourtant pas eu grand mal à attirer ce que la pensée musulmane qui a pignon sur rue, 
Le président de l'UOIF, Amar Lasfar, lors du congrès annuel de 2014.
tels les deux sociologues Farhad Khosrokhavar et Michel Wieviorka. Comme l’année dernière, la fréquentation est nettement en baisse. Usure du concept ? Difficultés économiques ? L'Algérien de Nantes Farid Abdelkrim - pour qui l'islam doit devenir français - n’est pas tendre avec l’UOIF et le Marocain Amar Lasfar, photo ci-contre, le président de l'Union des organisations islamiques de France (et homme d'affaires patron de l'agence de voyages 'Atlas Tours'), coqueluche des socialistes et notamment de la socialiste Martine Aubry, l'a tenu à l'écart du rassemblement du Bourget. Depuis le milieu des années 1990, Amar Lasfar défend des filles voilées exclues de leur établissement public, considérant, à la différence de Tareq Oubrou, que le voile est une obligation pour les femmes, il s'oppose à un autre membre de l'UOIF, .L’absence de Tariq Ramadan n’a rien arrangé. La volonté des organisateurs était plutôt de ne pas créer de remous, à une semaine du premier tour. 
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Les organisateurs du rassemblement du Bourget ont donc tout fait pour favoriser le candidat de l'extrême gauche. Reste que l'agitateur suisse, un "produit d’appel" et un bon client de l'extrême gauche, était absent. A l’UOIF, on prétend ne pas comprendre les raisons de ce faux bond. Pourtant, les brouilles, mais aussi les provocations et les polémiques passées expliquent les réticences de ses sympathisants en année électorale. "En ce moment, il veut prendre ses distances avec la France", raconte un responsable de l’UOIF. Comme son frère Hani, expulsé récemment de France, Tariq Ramadan serait, dit-on, sous pression de l’administration. Pensez donc !

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