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mercredi 24 mai 2017

Le "revenu universel" prôné par Hamon, déchiré par l'OCDE

Un revenu de base, inefficace pour réduire la pauvreté, selon l'OCDE

Accordé sans aucune condition à tous les individus d'âge actif et aux enfants,
un revenu de base serait ne serait pas un outil efficace pour réduire la pauvreté 

Image associéeet serait neutre pour les finances publiques, estime l'OCDE ce mercredi.

Dans une note intitulée "le revenu de base, que changerait-il ?", l'OCDE a étudié pour quatre pays (France, Finlande, Italie et Royaume-Uni) un revenu universel qui serait versé, sans conditions de ressources, à tous les individus d'âge actif, ainsi qu'aux mineurs.

D'un coût neutre pour les finances publiques et fixé à "un niveau pertinent" (456 euros par mois par adulte jusqu'à 62 ans et 100 euros pour les moins de 18 ans en France) - et non pas - , il exigerait un alourdissement de la fiscalité et des réductions des prestations existantes (sociales et familiales). 

Lui-même imposable, ce revenu de base "modifierait probablement le niveau de vie de vastes pans de la population", faisant des gagnants mais aussi des perdants. En France et en Italie, les préretraités et un grand nombre de chômeurs seraient ainsi perdants.

En France, et dans une moindre mesure en Finlande et au Royaume-Uni, les ménages à revenu intermédiaire, qui ne peuvent pas actuellement prétendre à des prestations sous conditions de ressources, seraient gagnants.
"Si on veut quelque chose de neutre en termes d'effort budgétaire, ça ne sera pas un instrument efficace contre la pauvreté ou les inégalités", a commenté Michaël Forster, en charge des inégalités et de la pauvreté à l'OCDE.
Résultat de recherche d'images pour "revenu universel"Benoît Hamon ne s'engageait que sur la première étape de son projet. Dès janvier 2018, auraient été concernés les résidents de plus de 18 ans, étudiants, travailleurs ou chômeurs, touchant maximum 1,9 Smic brut par mois (soit 2.800€, 5.600€ pour un couple). Les allocataires du RSA étaient inclus : pour ceux touchant le RSA socle, le revenu universel viendra remplacer cette aide, pour ceux touchant le RSA majoré (un ou plusieurs enfants à charge), la majoration sera conservée et augmentée de 10%. Les étudiants souhaitant bénéficier du RUE ne devaient pas être rattachés au foyer fiscal de leurs parents, qu'ils habitent chez eux ou pas. D'après le candidat, 10 millions de ménages devraient voir leurs revenus augmenter.
En 2018,
le candidat souhaitait revaloriser le RSA à hauteur de 600 euros et rendre le versement automatique pour les ayant-droits. Pour les 18-25 ans et les travailleurs, une prime leur aurait été versée de manière dégressive, selon leurs conditions de ressources, de 600 euros, à ceux n'ayant aucun revenu jusqu'à zéro à ceux touchant plus de 1,9 Smic.
Selon le scénario de l'étude, de nombreux ménages à faibles revenus, qui perçoivent actuellement des aides, seraient moins bien lotis. Le taux de pauvreté augmenterait en Finlande, en France et au Royaume-Uni, et resterait inchangé en Italie.

Les débats en cours sur un revenu de base et l'évolution rapide du marché du travail 

Le moment est propice à une réflexion sur "le type de protection sociale que veulent les sociétés", souligne l'OCDE.
Parmi les pistes de réflexion figurent l'instauration d'un revenu de base d'un montant plus bas, mais qui laisserait inchangée une grande partie des aides existantes, ou encore un dispositif "limité dans le temps" ou mis en place progressivement, par tranches de génération.

Objet d'expérimentations à petite échelle ou de projets dans plusieurs pays, notamment la Finlande, le revenu de base ou "universel" était la proposition phare du candidat socialiste à la présidentielle, Benoît Hamon.

mardi 23 mai 2017

Moralisation: une affaire immobilière impliquant Richard Ferrand révélée par le Canard enchaîné

A Matignon, une source anonyme juge que la probité de Ferrand n'est "pas en cause" !

L'affaire immobilière implique le ministre de la Cohésion des territoires et son épouse

Reuters évoque un "vieil" appel d'offres visé par l'hebdomadaire "satirique"...  
"Sur le papier", admirable , mais prudente formule, rien d'illégal et pas d'argent public en jeu. L'agence de presse minimise la gravité de l'opération financière en "arrangement familial", formulant un commentaire, avant même d'énoncer les charges: depuis le scandale du PenelopeGate, "le moindre soupçon de favoritisme familial peut se révéler embarrassant," estime-t-elle. 

Fracture médiatique
Tandis que Le Canard Enchaîné de ce mercredi livre l'information que les Mutuelles de Bretagne, dont Richard Ferrand était alors le directeur général, ont loué des locaux, à Brest, appartenant à une société détenue par sa compagne, à partir de 2011, 
Reuters s'attache à la défense du secrétaire général d'En Marche!, le mouvement politique des puissants du moment, le président Emmanuel Macron son et ministre de la Cohésion des territoires, Richard Ferrand, 54 ans, encarté PS depuis 1980 et premier parlementaire de gauche à suivre Emmanuel Macron, devenant la cheville ouvrière du mouvement.
Le tandem Ferrand-Macron s'est mis en route début 2015, après une première rencontre impromptue fin août 2014. L'élu breton avait rendez-vous avec Arnaud Montebourg au ministère de l'Economie et c'est finalement Emmanuel Macron, successeur du ténor socialiste tout juste débarqué, qui le recevra.
Nommé rapporteur général de la loi Macron, il vivra pratiquement deux mois nuit et jour avec le locataire de Bercy, ferraillant durant plus de 400 heures de débats parlementaires et examinant près de 9.000 amendements. "C'est le travail qui nous a liés", résume Richard Ferrand.
L'homme du renouveau des moeurs politique assure n'avoir pas favorisé son épouse qui a remporté un appel d'offres auprès des Mutuelles de Bretagne lorsqu'il en était encore le directeur général. En 2011, le bras gauche d'Emmanuel Macron n'est pas encore député socialiste et dirige une mutuelle depuis 1993, soit 18 années durant, fonction à laquelle il mettra un terme en rejoignant l'Assemblée nationale. 

Comme le précise l'hebdomadaire satirique,  en janvier 2011, Les Mutuelles de Bretagne ont un nouveau besoin et doivent choisir un site censé accueillir un centre de soins à Brest (PS), Finistère, dont Ferrand est député depuis 1998, année à laquelle Ferrand prend la direction générale des Mutuelles de Bretagne. 
Avant d'être envoyé en Bretagne en 1991 par le secrétaire d'Etat aux Affaires sociales de l'époque Kofi Yamgnane, dont il avait intégré le cabinet, l'Aveyronnais Richard Ferrand a été l'administrateur de deux agences de graphisme à Paris.
Sur les trois offres soumises, c'est celle de la compagne de Richard Ferrand, Sandrine Doucen, qui est retenue. 
Détail qui éveille la curiosité du Canard Enchaîné: à l'époque, la SCI de Sandrine Doucen n'a encore aucune existence légale. Ce n'est qu'après avoir remporté l'appel d'offre que la compagne du futur ministre va acquérir les locaux qu'elle s'est engagée à louer aux Mutuelles de Bretagne. 
Grâce à la garantie de location offerte par la mutuelle, Sandrine Doucen ne débourse aucun capital pour acheter le site et obtient un prêt bancaire pour couvrir l'investissement. 

Autre détail qui interpelle: c'est la mutuelle qui se charge de financer la rénovation des locaux - pour un montant de 184.000 euros -, des bureaux d'une surface totale de 379 m2 pour un loyer annuel de 42.000 euros. C'est un "arrangement familial", ironise le Canard, qui aurait permis à Mme Ferrand de se constituer un patrimoine à moindre frais. Sauf que personne ne s'en plaint. 

L'homme "atout fer" de Macron reconnait les faits à l'hebdomadaire

Le collaborateur de Macron assure que tout a été réalisé dans la transparence. 
Photo"C'était la proposition la moins chère! Le prix était conforme au marché et rien n'a été caché: tout le monde savait que cette SCI était la propriété de ma compagne", assume-t-il. Même si son président à l'époque ne se souvient pas que la gérante de la SCI dénommée Saca était la compagne de son directeur général...

Selon Le Canard enchaîné, le lien entre Ferrand et sa compagne ne figure pas sur le procès-verbal de la réunion du conseil d'administration des Mutuelles de Bretagne durant laquelle l'offre a été retenue, en 2011.
Et personne n'osa contredire le président de la mutuelle. La décision d'attribuer le marché à l'épouse de Richard Ferrand a d'ailleurs été validée par le conseil d'administration de la mutuelle.

Egalement cité par Le Canard Enchaîné, l'actuel président du conseil d'administration des Mutuelles de Bretagne maintient que les locaux en question "correspondent en tous points aux besoins" de l'organisme à but non lucratif.

Député de la 6ème circonscription du Finistère (Carhaix-Plouguer, Châteaulin, Châteauneuf-du-Faou, Crozon, Daoulas, Le Faou, Huelgoat, Ouessant, Pleyben),
Richard Ferrand est candidat à sa succession, investi par La République en marche!. Les ministres candidats aux législatives devront démissionner de leur poste s'ils ne sont pas élus.

Education nationale : Najat Vallaud-Belkacem rattrapée par une méchante mesure de dernière minute

La ministre de l'Éducation nationale a publié une circulaire légitimant le tirage au sort à l'entrée à l'université 

Entre les deux tours de la présidentielle, le jeudi 27 avril 2017, six jours après le premier tour de la présidentielle, 
Des étudiants de l’université de Strasbourg.le Bulletin officiel de l'Éducation nationale publie une circulaire qui sécurise la pratique du tirage au sort à l'université. 

Avant de faire ses cartons pour quitter la rue de Grenelle, la socialiste Najat Vallaud-Belkacem a donc tenu à entériner la méthode de sélection la plus absurde qui soit, celle qui dénie toute valeur au mérite pour lui préférer le hasard, comme au loto.
Alors qu’il restait un mois aux bacheliers pour finaliser leurs vœux d’orientation dans l’enseignement supérieur, le gouvernement Cazeneuve a décidé d’avancer sur le terrain miné du tirage au sort. Avant d'être ainsi étendue, cette pratique n'était utilisée depuis plusieurs années que pour départager les trop nombreux candidats à l’entrée de certaines filières universitaires surbookées. Face au boom démographique qui submerge l’université, avec plus de 30.000 étudiants supplémentaires chaque année, certaines licences sont prises d’assaut, en dépit du nombre insuffisant de places offertes pour faire face à la demande. Elles ont progressivement mis en place des capacités d’accueil limitées.
La circulaire du 27 avril publiée au bulletin officiel grave désormais dans le marbre ce recours à l’aléa en dernier ressort, une fois le critère géographique et celui de l’ordre des vœux des bacheliers effectués sur la plate-forme d’Admission postbac (APB) appliqués. 

Et pour certains cycles d'études, comme les Sciences et techniques des activités physiques et sportives (STAPS) ou la psychologie (évidemment, depuis plusieurs dizaines d'années), 
des tirages au sort laissent sur le carreau des candidats de l’académie qui ont pourtant placé ces licences en tête de leurs vœux : 3.500 jeunes à la rentrée 2016, d’après les chiffres du ministère, n’ont ainsi pas obtenu de place dans leur premier vœu à l’université.

La circulaire Vallaud-Belkacem signe l'échec de la politique socialiste de démocratisation de l'enseignement supérieur. Les jeunes devaient être la priorité des priorités du candidat Hollande, mais le président a échoué à leur donner accès à la connaissance par manque de créations de postes et de structures d'accueil. Sa ministre en est réduite à prendre une mesure absurde en catimini.

A quelques jours de la fin du quinquennat, cette circulaire vise essentiellement à assurer un cadre juridique à l'Etat qui s'est placé dans une situation illégale pour la prochaine rentrée. Car ce système de tri, pratiqué dans la seule filière de l’enseignement supérieur public où la sélection est interdite, ne disposait pas d’une protection réglementaire suffisante, d’après les quelques arrêts rendus par des tribunaux administratifs saisis par des bacheliers déçus.

Or, cette circulaire ne suffira pas à sécuriser la situation juridique de l'Etat, estime Me Jean Merlet-Bonnan, qui a porté une dizaine d’affaires sur le sujet devant les tribunaux. "Si le gouvernement a initialement préparé un arrêté, c’est qu’il est bien conscient que ce vide juridique ne peut être comblé par une simple circulaire. Elle pourra facilement être attaquée", affirme l’avocat.

Une requête devant le Conseil d'État demande la suspension en urgence, puis l'annulation de ce texte

La circulaire est un mauvais signal; elle est de surcroît inutile
Le tirage au sort ne résoudra pas le problème du surnombre de postulants aux filières concernées cette année : 40.000 candidats supplémentaires sont inscrits sur APB, d’après les chiffres provisoires publiés en mars. "Nous avons actuellement 33.000 premiers vœux de candidats en STAPS (Sciences et Techniques des Activités Physiques et Sportives, dont le 'management du sport', soit communication et ...marketing), soit 5.000 de plus que l’an dernier, pour toujours environ 15.000 places", constate Didier Delignières, à la tête de Conférence des directeurs et doyens de STAPS, qui alerte une fois encore sur la situation des facs de sport, qui ne peuvent plus pousser les murs, alors qu’elles sont touchées par cet afflux depuis plusieurs années, sans moyens supplémentaires.

Tout le monde se dresse contre la mesure scélérate.
En janvier, le gouvernement avait déjà tenté de légaliser ce tirage au sort avec un arrêté. Mais, face à la bronca soulevée chez les élus de la communauté universitaire, le ministère avait dû reculer. Le sujet est en effet particulièrement sensible : des représentants étudiants aux élus enseignants, en passant par les présidents d’université, tout le monde s’oppose à cette pratique jugée absurde. Thierry Mandon, secrétaire d’Etat à l’Enseignement supérieur, évoquait le "plus bête des systèmes", en espérant voir sa pratique réduite, grâce à une meilleure orientation des bacheliers [contre leur préférence) et aux 100 millions d’euros supplémentaires ajoutés aux budgets des établissements.
"C’est un joli cadeau de fin de quinquennat, réagit avec une ironie grinçante Lilâ Le Bas, présidente de l’UNEF. Autoriser ainsi le tirage au sort, c’est un premier pas vers la sélection à l’université, alors que l’urgence est de lui donner les moyens financiers d’accueillir tous les bacheliers, et de développer des cursus plus progressifs afin d’éviter ces engorgements et de lutter contre l’échec."
Selon la responsable étudiante,
c’est aussi un joli cadeau au prochain gouvernement : "Tout le monde est contre le tirage au sort, donc certains pourront d’autant plus facilement défendre une sélection sur dossier, sur examen, sur prérequis…" Pas certain toutefois que Najat Vallaud-Belkacem soit vraiment motivée par une volonté de faciliter les choses à Macron et Philippe.
Moins d'un mois plus tard, Me Henri de Beauregard dépose une requête, au nom de l'association SOS éducation. 
Cette association avait déjà donné du fil à retordre à l'ancienne ministre en s'attaquant avec succès à la suppression de la sélection au mérite pour les étudiants boursiers qui avaient obtenu une mention très bien au baccalauréat. "Il existe plusieurs parallèles entre les deux dossiers, remarque Me de Beauregard. 
Sur la forme, ce n'est pas une circulaire administrative qui peut édicter un règlement prévu par la loi, surtout quand celle-ci ne prévoit pas le tirage au sort parmi les critères de sélection, qui sont au nombre de trois : lieu de résidence, situation familiale et ordre des vœux effectués par le futur étudiant. 
Sur le fond, il s'agit dans un cas comme dans l'autre de nier toute valeur au mérite."  

L'imprévoyance et la sottise conduisent au gâchis 
En effet, le choix aveugle des heureux élus dans les filières en tension ne peut que renforcer l'échec dès la première année de la licence à laquelle ils ont postulé : ils ne sont déjà que 25,7 % à obtenir leur diplôme au bout de trois ans, et 40 % de ce quart-là au bout de quatre, au-delà de la licence ! Une blessure psychologique qui pourrait être évitée aux étudiants eux-mêmes, lesquels s'aigrissent en voyant le miroir aux alouettes se ternir, ainsi que leurs familles, mais un immense gâchis enfin pour la collectivité, appelée à financer des études qui ne débouchent sur rien, comme pour le monde de l'entreprise qui ne trouve pas les bonnes personnes au bon endroit. 
Tandis que le secrétaire d'État à l'Enseignement supérieur Thierry Mandon affichait sa volonté de "faire disparaître le tirage au sort à l'université", Najat Vallaud-Belkacem avait déjà tenté de faire le forcing par la voie de cet arrêté de janvier qu'elle avait dû retirer face aux protestations du Cneser (Conseil national de l'enseignement supérieur et de la recherche). Une tentative de passage en force, au risque de voir le Conseil d'État lui donner tort une nouvelle fois, comme le bon sens le plus élémentaire le laisse espérer du texte de la requête de SOS éducation

La ministre sortante a-t-elle pu commettre son forfait entre les deux tours, sans en avoir avisé le candidat Macron et avoir obtenu son accord de principe ?
A Lyon, Gérard Collomb ne supportait plus l'autocrate NVB, son adjointe toxique : il s'en était débarrassée en la "recommandant" à Ayrault. Au gouvernement, elle aura tenté jusqu'au bout d'imposer des mesures de nivellement culturel par le bas et de déconstruction des fondements de notre société, qu'il s'agisse des polémiques sur la théorie du genre (contestation des "rôles fondés sur les différences naturelles, physiologiques et biologiques) ou l'ABCD de l'égalité (dont l'objectif était de lutter contre le sexisme et les stéréotypes de genre)... 
C'est encore à elle que les familles doivent la réforme des rythmes scolaires, un ensemble de mesures modifiant le système éducatif par la mise en place d'une nouvelle organisation du temps scolaire à l'école primaire, aux frais des municipalités pour les deux tiers, introduction des associations (et services municipaux ou intercommunaux, comme les bibliothèques au goût des majorités politiques) pour mettre en œuvre les nouvelles activités périscolaires (NAP, en doublons avec les activités sportives locales existantes) et au détriment des équilibres biologiques des enfants. Le Syndicat des Inspecteurs de l'Éducation nationale (IEN) dressa le 18 mai 2015 un bilan négatif de la réforme devant l'Inspection générale de l'Éducation nationale (IGEN)
Il appartient aux électeurs de Villeurbanne de nous en débarrasser en juin.

Les deux candidats au second tour de l’élection présidentielle se sont déjà positionnés dans leurs programmes : Marine Le Pen (FN) défend une sélection "au mérite", quand Emmanuel Macron (En marche !) promet la mise en place de prérequis à l’entrée de l’université. 

Hauts-de-France: la généralisation de la vidéosurveillance dans les lycées fait débat

La mesure de l'exécutif régional suscite des inquiétudes chez certains parents d'élèves et spécialistes de l'opposition de gauche

Tous les lycées des Hauts-de-France, soit 265 établissements, seront prochainement équipés de la vidéosurveillance

Votée jeudi en séance plénière du Conseil régional, ce dispositif concrétise une promesse de campagne de Xavier Bertrand (LR), alors candidat aux régionales de 2015 et actuel président de la région.
"Au regard du contexte sécuritaire particulièrement difficile, illustré par les récents événements de Grasse, il nous est rappelé que les établissements publics locaux d'enseignement (EPLE) ne sont pas exempts de risques. La volonté du Conseil régional est de faire de la sécurisation des EPLE (établissement public local d'enseignement), une véritable priorité régionale", explique la région. 

Un "plan de sûreté" d'un coût de 10 millions d'euros adopté jeudi.
Résultat de recherche d'images pour "lycee videosurveillance"La généralisation de la vidéosurveillance est prévue dès la rentrée prochaine, par des caméras "à boule" (à vision nocturne et filmant à 360 degrés) à l'intérieur des lycées (une à deux par couloir) et à l'extérieur (tubulaires à plan fixe). 
Ce plan comporte également des travaux de sécurisation, la mise en place de sonneries différenciées ou encore la formation du personnel pour savoir "réagir en cas d'attaque terroriste" dans les lycées.

Or, l'utilisation de la vidéosurveillance en milieu scolaire est très réglementée

Des élèves dans des couvertures de survie devant le lycée Tocqueville à Grasse.
Mars 2017: des élèves dans des couvertures de survie
devant le lycée Tocqueville à Grasse
Dans un rapport de mai 2016, la CNIL (Commission nationale Informatique et Libertés) préconisait leur utilisation de manière "limitée" et uniquement "complémentaire à d'autres mesures de sécurité". "Seules des circonstances exceptionnelles (établissements scolaires victimes d'actes de malveillance fréquents et répétés) justifient de filmer les élèves et les enseignants en continu", selon l'instance, malgré les attentats récents de novembre 2015.
La gauche minoritaire fait de l'obstruction sur la protection des mineurs.
Résultat de recherche d'images pour "Nathalie Gaujac FCPE"
La Fédération des conseils de parents d'élèves (FCPE) du Nord, marquée à gauche, n'a pas manqué de s'opposer au projet de la Région de droite, et s'est émue, a priori, "s'inquiétant" de l'utilisation possible des données.
"Qu'est-ce qu'on fait des images ? Il est question de les envoyer vers des centres de surveillance urbains (CSU), mais qui les observera ? A l'intérieur des établissements, les caméras ne vont pas empêcher qu'il y ait des problèmes avec les élèves et même, au contraire, peuvent être vues comme une provocation !" affirme Nathalie Gaujac, secrétaire générale de la FCPE Nord. 
Mme Gaujac réussit à être maman et militante régionale d'association, mais il est vrai qu'elle est allocataire de recherche, bénéficiant d'une "bourse', en contrepartie d’un contrat de travail, sans obligation de résultats. Un emploi fictif rémunéré ?

L'utilisation des données à l'extérieur des établissements la laisse également songeuse: "Sur des cités scolaires très étendues où on ne peut pas mettre partout du personnel, cela peut s'entendre, mais on ne remplacera jamais la présence humaine. On voit bien [il faut voir, justement !] que les villes ont déjà des caméras de partout et pourtant ce n'est pas cela qui dissuade la délinquance..." Selon cette maman, il est négligeable que la vidéosurveillance soit dissuasive et facteur d'un plus grand bien-être, comme dirait la Ch'tite Aubry de Lille.

Une position partagée par Laurent Mucchielli, sociologue et directeur de recherches au CNRS,  pour qui ces annonces "sont largement symboliques et politiques". 
Résultat de recherche d'images pour "Laurent Mucchielli"
"Dans ce cas, il faudrait mettre des caméras partout! Or, on voit bien que leur seule utilité est de contribuer après-coup à une enquête et encore, leur utilité est bien limitée quand on observe la liste des attentats commis en France où les terroristes se suicident..." ajoute cet ancien professeur à l’École nationale de la magistrature à Paris.

Selon le sociologue, "chaque situation et établissement est différent et nécessite des besoins précis". Lui aussi pense que "rien ne remplacera le personnel humain": "Les 10 millions d'euros auraient pu être utilisés plus intelligemment, permettant par exemple d'embaucher des personnes et réduire le chômage des jeunes.On l'a compris, ce chercheur est engagé à gauche et son expertise est clairement dédiée à la diffusion de l'idéologie dominante. Parmi ses chevaux de bataille, la récupération politique du thème de "l’insécurité", l’action de certains lobbies sécuritaires (notamment certains syndicats de police), l’usage abusif des "statistiques de la délinquance" et le discours "catastrophiste" de ses collègues criminologues, au premier rang desquels les universitaires Alain Bauer, proche de Manuel Valls, et son élève, Xavier Raufer, qui débuta une carrière militante à l'extrême-droite dans les années 1970, et devint peu à peu formateur et expert en questions de criminalité. 
Or, né à Nice (à 43 kms), Laurent Mucchielli, lui aussi, a été professeur, bizarrement, au Collège interarmées de défense à Paris et à ...l’École des officiers de la gendarmerie nationale de Melun, entre 2004 et 2009. Les formateurs ne sont pas désignés sans arrière-pensées politiques, à des fins de formatage.
Depuis 2001, son groupe de sociologues (CLARIS, Agir pour clarifier le débat sur la sécurité) publie des tribunes dans le quotidien ...Libération, mettant en cause notamment la déshérence de la notion de prévention. Ils en sont toujours là : le terrorisme islamiste n'a pas ensanglanté le pays et aucune famille n'est endeuillée...

lundi 22 mai 2017

Harcèlement de rue à La Chapelle : Caroline de Haas propose "d’élargir les trottoirs"

Et le côté montant pour les femmes; descendant pour les hommes ?

Ou le trottoir à l'ombre pour les hommes, au soleil pour les femmes ? 
Les trottoirs sont de fait interdits aux femmes 
Caroline de Haas a encore frappé ! 
Son cheval de bataille pour cette campagne des législatives a mérité son poids de picotin. Depuis la parution d’un article du Parisien, jeudi 18 mai, sur le harcèlement de rue dont les femmes du quartier Chapelle-Pajol sont les victimes à Paris, quelles que soit les 50 nuances de leurs peaux. Elles se plaignent de ne pas pouvoir se déplacer sans essuyer les insultes des hommes plongés dans une misère sexuelle noire. Nombreux sont les responsables politiques qui se sont saisis de ce problème, après l'avoir ignoré, à l'instar de la maire PS de Paris à qui rien de social ni sociétal n'est étranger. 

La première, la présidente LR de Région,  Valérie Pécresse, a demandé vendredi 19 mai au président de la République "d’agir" vite. Puis, le député PS sortant de l’Essonne, Malek Boutih, a proposé une solution plus radicale ce dimanche 21 mai : "Dégager tous les gens [pas seulement les hommes, notamment les migrants concentrés sur cette zone de non-droit] qui emmerdent les femmes". Savoir où placer le curseur: un regard et c'est le début des emmerdes?
"Pour La Chapelle, c’est clair : il faut dégager tous les gens qui emmerdent les femmes. Les dégager, d’une manière ou d’une autre. Sur la voie publique, ceux qui agressent les femmes n’ont pas leur place. Ils doivent être arrêtés. J’ai lu que le préfet avait donné des chiffres à la maire de Paris mais les chiffres, ça ne veut rien dire. On demande une chose qui est très claire : il n’est pas acceptable de laisser la situation en l’état et de dire que dans deux mois, dans quinze jours, dans trois semaines… Dans les jours à venir, ces personnes-là doivent disparaître de ces trottoirs."  
Plus concrète au risque d'atteindre à la stupidité, une autre proposition avancée ce lundi 22 mai, "Élargir les trottoirs",est due à la fondatrice d'Osez le féminisme, Caroline de Haas, infatigable dans l'ineptie...
Son verbe haut et ses raisonnements au ras du gazon maudit lui ont valu d'être appréciée de Najat Vallaud-Belkacem qui en a fait une conseillère au ministère des Droits des Femmes. Caroline de Haas est également candidate aux législatives dans la 18e circonscription de Paris, contre la ministre socialiste du Travail, Myriam El Khomri... Des militant.e.s écologistes, puis des communistes lui auraient, selon elle, proposé d’être candidate, mais c'est le PS qu'elle représentera. Selon elle, le problème du harcèlement de rue relève surtout de l’aménagement urbain. "On pourrait élargir les trottoirs pour qu'il y ait plus de place et qu'il n'y ait pas de cohue dans ces endroits-là", assure-t-elle sur franceinfo, dimanche 21 mai :
Dans tous les quartiers où il y a un problème d'espace, où il y a une concentration de personnes qui restent à la même place toute la journée, il y a des violences à l'encontre des femmes. On pourrait élargir les trottoirs pour qu'il y ait plus de place et qu'il n'y ait pas de cohue dans ces endroits-là. On pourrait aussi mettre de l'éclairage pour faire en sorte que, quand on circule dans la rue, il n'y ait pas de coins sombres."
Le porte-parole du gouvernement, Christophe Castaner, a ironisé sur la solution avancée par Caroline de Haas, sur son compte Twitter :
L'idée saugrenue de Caroline de Haas est également critiquée par Aurore Bergé, autre membre d'En Marche!, dans la 10e circonscription des Yvelines. "Rallongeons les jupes des femmes aussi", a-t-elle ironisé dans un tweet :
Caroline de Haas regrette "profondément cette polémique inutile". 
Bien qu'elle l'ait initiée, elle estime que "sa parole a été extrêmement réduite" dans le reportage de France Télévisions. Une réduction des hanches des femmes serait, à ce propos, tout aussi maligne. Dans un post de blog publié dimanche 21 mai sur Mediapart, elle expliquait comment régler le problème du harcèlement de rue contre les femmes. "Il existe plusieurs moyens pour faire reculer les violences", tente, pour se relancer, la candidate ridiculisée:
On connaît les solutions [car ce type d'individu sait tout sur tout], à La Chapelle comme ailleurs : 1. la prévention et l'éducation [idée passe-partout increvable] (les moyens ne cessent de se réduire du côté des centres sociaux) 2. les sanctions [la fessée?] (elles existent mais ne sont jamais appliquées; essayez d'aller porter plainte pour harcèlement de rue) [qui peut imaginer que c'est une expérience personnelle] 3. l'aménagement de l'espace urbain  (plus d'espace, de l'éclairage). Pourquoi ne les met on pas en place ?
"Que l'extrême-droite s'en moque, rien de nouveau", accuse Caroline de Haas, plutôt que de mettre en cause la Mairie de Paris. "Mais voir la droite et les macronistes monter au créneau, c'est dire l'état de la politique...", déblatère la conseillère de Vallaud-Belkacem.
Mal dans sa peau, la détestable sexiste se dit "fatiguée des insultes, des violences que ces militantes et militants d'extrême-droite déversent sur les réseaux sociaux. Lutter contre les violences faites aux femmes en insultant une femme. Les champions...", ironise la pompière incendiaire. "Depuis 4 ans, je forme des professionnel.le.s à comprendre l'ampleur des violences et à les faire reculer," selon des méthodes qui la font réprouver et devraient conduire à une décision d'interdiction. Moraliser la vie publique consisterait à l'en débarrasser de ses Haas.

Haas en campagne s'en prend ensuite frontalement à Christophe Castaner et Aurore Bergé.
De combien de tweets la désoeuvrée est-elle l'auteure hargneuse ?
La fondatrice d'Osez le féminisme attaque ensuite la présidente de la région Île-de-France, Valérie Pécresse. Caroline de Haas est "exaspérée" de "voir Valérie Pécresse expliquer qu'il faut agir alors qu'elle coupe les budgets de formation sur les violences me met en colère" :
Cette impulsive qui déteste et s'en prend au monde entier est clairement sexuellement insatisfaite. Elle devrait donc se tourner vers une psychologue clinicienne. Puisque la politique aggrave son cas, c'est en effet une thérapie qui s'impose d'urgence.

Vendredi 19 mai, la maire de Paris Anne Hidalgo a assuré de son côté qu'elle ne tolérera pas "qu’un quartier soit en proie à des actes de discrimination à l’égard des femmes. Cela ne correspond ni aux valeurs de Paris, ni aux valeurs de la République". Une généralité sans valeur...

Par ailleurs, le collectif de lutte contre le harcèlement de rue du quartier La Chapelle sera enfin reçu par le gouvernement, ce lundi 22 mai. Est-ce à dire que Marlène Schiappa, la déjà très controversée secrétaire d'État en charge de l'Égalité entre les femmes et les hommes dans le gouvernement Édouard Philippe, va connaître la vraie vie ? Son titre de gloire ? Elle est fondatrice et présidente du réseau 'Maman travaille'... Du coup, elle est même écrivaine ! Responsable du pôle 'égalité femmes-hommes' du mouvement politique En marche ! du président Macron, la trentenaire va pouvoir faire ses preuves ou partir. Puisqu'elle est la fille du président de l'Institut de recherche et d'étude de la libre-pensée, elle a des atouts à mettre en oeuvre...
 
Haas fait du quartier de La Chapelle-Pajol et du harcèlement de rue un terrain d'affrontement politique avant les législativesPas sûr donc que la quiétude des femmes soient le centre d'intérêt réel et vrai de cette féministe politique.