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mercredi 22 novembre 2017

Une ancienne employée de l'Élysée dézingue l'équipe de Macron

"J'en ai vu, des arrogants", confirme-t-elle

Des proches d'Emmanuel Macron ont choqué Evelyne Richard 

Evelyne Richard, ancienne chargée des voyages officiels de l’Élysée, étrille l'énorme melon du camp MacronElle n'a guère apprécié leurs comportements depuis leur arrivée au pouvoir. L'ancienne responsable des voyages officiels de l'Élysée dénonce la suffisance de l'équipe du président, rapporte le Canard enchaîné. Depuis qu'elle a pris sa retraite, la "doyenne" de l'Élysée se lâche et ne pratique pas la langue de bois. 

Evelyne Richard, 73 ans, dont 48 passés dans le palais présidentiel, a vu se succéder les présidents et leurs gardes rapprochées au fil des décennies. Arrivée en 1969, en même temps que Georges Pompidou, la jeune femme s'était retrouvée en  charge des "VO", les voyages officiels, dans le jargon de l'Élysée et a planifié des milliers de déplacements présidentiels. 

Elle est effarée par le "monde nouveau" qui a investi la place

Aux premières loges pour juger des manières des différents présidents dans le privé du palais, elle étrille les mauvaises manières des proches du président. La dame a travaillé sous la présidence de sept chefs de l'Etat, de Georges Pompidou à Emmanuel Macron, en passant par Giscard d'Estaing, François Mitterrand, Jacques Chirac, François Hollande et Nicolas Sarkozy.

Le nouveau monde, par exemple, croit qu'il est arrivé : les petits parvenus se montrent un peu vantard. "Disons-le carrément, écrit Europe 1, dans les hautes sphères de la start-up nation, on aime se la péter." 

"C'est même du jamais vu," déplore Evelyne Richard, à l'heure du bilan d'une vie professionnelle Normalement, la grosse tête des victorieux se dégonfle au bout de quelques mois. Là, ça dure. En plus de quarante ans passés à l'Élysée, j'en ai vu, des arrogants. Mais, à ce point-là, jamais." Le commentaire, rapporté par le Canard enchaîné dans son édition du mercredi 21 novembre, est repris par Europe 1.


Dans Le Canard, celle que l'on surnomme "l'Impératrice de l'Élysée" confirme ce que chacun voit, sait ou ressent. Il suffit de penser à la vulgarité rendue publique de la conseillère en communication de Macron, Sibeth Ndiaye, qui adressa un SMS à la presse interrogative: "Oui, elle est dead, la meuf", parlant de Simone Veil, respectée des Français, mais maltraitée par la Franco-sénégalaise. "Ils se veulent disruptifs," note Evelyne Richard, mais, au final, sont odieux.


Retraitée depuis la fin du mois d'octobre, son poste sera supprimé. Ce sont désormais les attachés de presse qui géreront les périples du président, sur le fond comme dans la forme. "On maîtrise mieux les deux quand on a une vue d'ensemble. Elle était sur un modèle qui n'existe plus", affirme l'Elysée. 
Plus de témoins vigilants. 

François Hollande savait que Thomas Thevenoud fraudait le fisc

Mediapart a révélé les faits; France Info précise aujourd'hui que Hollande était au courant

Le président Hollande a fait entrer un fraudeur fiscal notoire au gouvernement

Thomas Thévenoud devait de l'argent au fisc et le président Hollande ne l'ignorait pas, assure France Info, qui ajoute que le président socialiste pensait que son secrétaire d'État au Commerce extérieur allait régulariser sa situation. Fin août 2014, lorsqu'il arrêta son choix sur le député de Saône-et-Loire, François Hollande comptait-il que le ministre des Finances étouffe l'affaire ?
était au courant que le député de Saône-et-Loire devait de l'argent au fisc. 

Thomas Thévenoud aura tenu à peine deux semaines au gouvernement, un record de brièveté dans l'histoire de la Ve République.
L'urgence du remaniement expliquerait tout. Le président ni son entourage ne prennent pas le temps de vérifier que la situation du futur secrétaire d'État est régularisée. Quelques minutes seulement avant l'annonce du remaniement, le chef de l'État montre à son ministre des Finances la liste qu'il a dressée. 

Michel Sapin oppose une faible résistance à cette nomination que réprouve la morale politique

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"C'est bien réglé son affaire ?", se serait alors inquiété François Hollande, dans un tardif sursaut  moral, tandis que Jean-Pierre Jouyet, le secrétaire général de l'Élysée, commençait à annoncer le nouveau gouvernement sur le perron de l'Élysée, précise France Info, comme si son informateur était sur place. 

La fraude de Thomas Thévenoud avait déjà fait pencher la balance en faveur d'un autre candidat, Fleur Pellerin, quelques mois plus tôt, alors qu'il avait déjà été pressenti pour faire partie du premier gouvernement Valls. En août, le président de la République pensait que le député socialiste de Saône-et-Loire aurait eu à coeur d'assainir sa situation fiscale.
 
Or, quatre mois n'avaient pas suffi à Thévenoud pour se mettre en règle.   Thomas Thévenoud avait accumulé des "retards de déclaration et de paiement" au Trésor public entre 2009 et 2013, alors que Pierre Moscovici était ministre de l'Économie et des Finances (mai 2012-mars 2014). 
L'ex-secrétaire d'État a écopé de trois mois de prison avec sursis et d'une peine d'inéligibilité d'un an pour fraude, alors qu'il est retiré de la vie politique...
Du temps libéré pour soigner sa "phobie administrative" !

mardi 21 novembre 2017

Esclavage en Libye: l'indignation générale en termes ...généraux

Les victimes sont des migrants noirs. Et les tortionnaires ? Des racistes arabes ?

Le phénomène était connu, mais tu.
Esclavage en Libye : “Indignation” de l’Union africaine
Dans le flux de migrants qui empruntent la route périlleuse passant par la Libye, un certain nombre se trouvent réduits en esclavage par leurs passeurs. 
Dans un reportage pour la chaîne américaine, la correspondante Nima Elbagir, le producteur Raja Razek et le photojournaliste Alex Platt se sont rendus en Libye pour CNN: ils ont filmé une vente aux enchères d’êtres humains, en caméra cachée.
Le lieu tenu secret se situe à l’extérieur de Tripoli. Sous les yeux des journalistes, une douzaine de Noirs défilent pour être vendue. Au fur et à mesure le prix augmente, 500, 550, 600, 650… La vente est conclue rapidement.
L'émotion s'est libérée en Occident, suite à la diffusion de ce documentaire choc de CNN présentant des cas de traite des Noirs et montrant des migrants vendus aux enchères en Libye.

Des témoignages de migrants filmés par CNN confirment l’existence de ces pratiques. Les images de la chaîne ont été remises aux autorités libyennes qui se sont engagées à lancer une enquête.
La compassion professionnelle de VSD ne marche pas : trop factice. "Selon le reportage choc diffusé sur la chaîne américaine, des migrants noirs seraient [leurs confrères n'ont pas réussi à les convaincre!] traités comme des marchandises en Lybie et vendus sur des marchés aux enchères. Maltraités, affamés, enchaînés, ces pauvres êtres n'auraient [le doute de VDS finit pas indisposer] aucun moyen de se défendre face aux milices armées qui les utilisent comme du bétail." 

Sur France 2, 'Complément d'enquête' a présenté ce reportage  

(il y est déjà question de Sinaly: cf. le reportage ci-dessous...):


VSD relaie l'indignation de la planète, sans nommer les coupables 

L'indignation gagne les réseaux sociaux. Alors qu'une manifestation était organisée, samedi, illégalement, plusieurs personnalités passent outre et dénoncent le manque de réactions des nations occidentales... Sur les réseaux sociaux, Facebook, Twitter ou Instagram, les internautes -notamment des immigrés- sont nombreux à relayer l'émotion et l'indignation suscitées par les révélations de CNN. 

La planète web n'a pas les réticences des media
Elle tente de mobiliser les chefs d'états et de gouvernements, mais aussi les populations civiles. Les élus ne sont pas les premiers à monter en lignes: la majorité parlementaire est en congrès et reste centrée sur elle-même. 
Résultat de recherche d'images pour "Je dis non à l'esclavage en Lybie, l'homme noir n'est pas une marchandise""

Alban Bartoli, chanteur révélé par la première édition de The Voice, a invité ses fans à changer leur photo de profil. Connues, moins connues, les personnalités, comme les anonymes d'ailleurs, appellent à l'indignation et la mobilisation sur les réseaux sociaux. "Je dis non à l'esclavage en Lybie, l'homme noir n'est pas une marchandise", indique l'image qu'utilisent de nombreux internautes, en guise de photo de profil, sur Facebook. De l'Europe à l'Afrique, la même indignation, la même révolte 

Sur un site de pétitions, des appels circulent, pour que "les individus" - ils n'ont, semble-t-il aucune spécificité commune, selon VSD -  pratiquant la traite d'humains soient mis hors d'état de nuire et condamnés, mais surtout pour que les populations concernées reçoivent une aide d'urgence et soient libérées. 

Sur le continent africain, poursuit VSD, c'est aux chefs d'Etat que les personnalités demandent des comptes, les accusant de détourner avec indécence le regard pendant que l'on réduit en esclavage leurs frères et soeurs, comme aux pires heures de l'histoire du continent. 
En Europe, si les coupables désignés [ils ne le sont pas plus que par VSD] ne sont pas les mêmes, la réaction n'est pas moins vive. Simples citoyens ou célébrités, les indignés attendent [ils se bougent sur les réseaux !] des réactions immédiates et mettent les politiques européens face à leurs responsabilités.

A Paris, ce samedi 18 novembre, une manifestation était organisée à Paris. 
Image associée
Une millier de personnes avait répondu à l'appel lancé par des organisations humanitaires dans l'urgence [VSD ne les nomme pas...]. La Préfecture n'ayant pas autorisé le rassemblement [pour la désigner à la colère des manifestatnts, VSD la nomme... ], les heurts avec les forces de l'ordre n'ont pu être évités. "Sans qu'aucune déclaration n'ait été faite, plusieurs associations ont organisé une manifestation et un cortège depuis l'ambassade de Libye jusqu'en direction du second site diplomatique de ce pays", dans l'ouest parisien, a indiqué dans un communiqué la Préfecture, précisant néanmoins qu'"aucune dégradation" n'était à déplorer. 

VOIR et ENTENDRE les manifestants dans la rue et la  mise en accusation de la France par un migrant:

Illégale ou non, plusieurs personnalités étaient passées outre pour appeler à la solidarité avec les associations mobilisées : "Esclavage et camps de concentration en 2017... Soyons solidaires et au rendez-vous contre cette torture et cette violence, écrit simplement Omar Sy qui a multiplié les tweets révoltés.

Des Africains s'en prennent à la communauté européenne

Le président en exercice de l’Union africaine (UA) et le gouvernement sénégalais se sont "indignés" vendredi. Le président guinéen Alpha Condé, "exprime son indignation face au commerce abject de migrants qui prévaut en ce moment en Libye et condamne fermement cette pratique d’un autre âge", selon un communiqué de la présidence guinéenne.
A Dakar, le gouvernement sénégalais a "appris [sic] avec une vive indignation la vente sur le territoire libyen de migrants originaires d’Afrique subsaharienne”, indique un communiqué officiel.
L’Union africaine "invite instamment les autorités libyennes à ouvrir une enquête, situer les responsabilités et traduire devant la justice les personnes incriminées" et "à revoir les conditions de détention des migrants”, poursuit le texte. "Ces pratiques modernes d’esclavage doivent cesser et l’Union africaine usera de tous les moyens à sa disposition pour que plus jamais pareille ignominie ne se répète", promet la présidence de l’UA.

Le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Zeid Ra’ad Al Hussein, a vivement dénoncé mardi la détérioration des conditions de détention des migrants en Libye, jugeant "inhumaine" la coopération de l’Union européenne avec ce pays.
"La communauté internationale ne peut pas continuer à fermer les yeux sur les horreurs inimaginables endurées par les migrants en Libye", a-t-il dit, en estimant que "la souffrance des migrants détenus en Libye est un outrage à la conscience de l’humanité".

VOIR et ENTENDRE le témoignage d'Amine, un mineur de 16 ans, victime de l'exploitation de l'homme noir par l'homme arabe de Libye. Dans cette vidéo, il raconte le calvaire des migrants africains en Libye.

Une récupération idéologique se développe

On l’oublie souvent, mais de toutes les formes d’esclavage de populations négro-africaines, celle pratiquée par les Arabes fut de loin la plus massive, la plus longue et la plus cruelle.
Un brillant anthropologue franco-sénégalais du nom de Tidiane N’Diaye parle même de "génocide voilé" pour qualifier ce que des générations ont enduré. Même si cette traite a pris fin au début du 20e siècle (1920 pour le Maroc), certaines poches de résistance, notamment en Mauritanie, tendent encore à faire perdurer cette ignominie.

lundi 20 novembre 2017

Macron inquiète les élus LREM soucieux de démocratie

Le président trentenaire au sommet du dispositif est-il capable de tenir sa promesse de renouvellement politique ?

La République En marche a donné un signe de vie politique, samedi


Tout commence par l’aventure individuelle 
d’un jeune homme ambitieux et pressé, 
marié à une femme plus âgée que lui 
et qui, pour parvenir à ses fins, 
bouscule les gens en place
Après dix-huit mois d'errements consécutifs à un succès inattendu à la présidentielle, LREM a tenu son premier conseil national, à Lyon samedi  au prétexte d'entériner la nomination de Christophe Castaner au poste de délégué général du mouvement. Un mauvais signal, puisque les adhérents ont été privé d'un vote démocratique: Castaner est le choix du président et non pas de la base... Sa tâche de démocratisation du parti est donc immense, urgente et compliquée. Mais est-ce vraiment sa mission ?

Des adhérents vigilants ont déjà claqué la porte. Certains, une première centaine, ont publié une tribune pour alerter l'opinion et dénoncer le manque de démocratie interne... Pourquoi Macron prend-il le risque de se couper de son parti ?

Trop occupés à se positionner dans les différents organigrammes du nouveau système et négligents de la base en demande de communication avec ses élus absents, les généraux du Bonaparte de l'Elysée ne se sont pas souciés de transformer la dynamique de campagne en adhésion populaire. Nombre de marcheurs restent dans l'attente d'un début de réalisation des promesses de renouvellement de la pratique démocratique. D'autant que la concentration des pouvoirs aux mains d'un hyper-président grognon et chafouin est organisée avec le concours de collaborateurs en réseaux technocratiques concentriques convergeant vers l'Elysée. 

La mutation du mouvement En Marche! s'est opérée à la tête, laissant les militants au bord du chemin, déçus. Ce parti n'aura d'avenir que s'il réalise la régénération démocratique à laquelle ses membres aspirent. Or, bien qu'installé au pouvoir depuis six mois, il inspire doute et colère. Le pouvoir s'est privé de l'état de grâce qu'on croyait automatique. Si les contradictions et les incertitudes  perdurent, demain pourrait devenir très problématique.

Le jeune président n'a pas donné de coup de vieux à l'"ancien monde" 
Lorsque, dans leur arrogance, les nouveaux maîtres évoquent la création de l'UNR et de la Ve République, ils veulent ringardiser "l'ancien monde", mais n'ont  encore suscité aucun désir profond de nouveauté, ni proposé aucune alternative cohérent. Ils s'affirment ni de droite, ni de gauche et se cherchent un ancrage: tant est si bien que Juppé prend le relais de Bayrou, lui ouvrant le centre, un centre ancien, lui-même incertain. Cette proposition de repère stable, à l'ancienne, serait une intégration du parti au paysage politique du vieux monde, la promesse de sclérose qui guette le centre incapable de se régénérer.   
Au départ, l'UNR, ancêtre de l'UMP, ne se réclamait déjà pas de valeurs axées sur la participation des citoyens, mais son chef entretenait le lien. Si le gaullisme, en temps qu'organisation, a toujours été teinté de "bonapartisme", il était incarné, tandis qu'Emmanuel Macron n'incarne rien de plus que la présidence.

Le parti du président cessera-t-il d'être la chose du président pour représenter enfin le peuple de ses électeurs ? 

Ce chef d'Etat occupe toute la place et sa majorité n'a encore pas investi la sienne. Les députés se satisfaisaient, pensait-on, de l'ombre dans laquelle l'astre présidentiel les maintenait. Mais une poignée d'entre eux a redressé la tête, réclamant l'accomplissement des promesses de campagne et leur juste part des responsabilités.

C'est le défi que ce nouveau parti doit relever, à partir de rien, ni culture politique, ni maillage territorial. Etre un laboratoire, une fabrique politique qui renouvelle la participation et la mobilisation des militants en interne, ça va un moment, puis vient le besoin de produire des applications innovantes, tout en remplissant la mission institutionnelle classique qui est la leur : trouver des relais de terrain et passer de la pédagogie à l'action. Mais, six mois se sont déjà écoulés depuis l'élection et au temps des rêves et de l'arrogance doivent impérativement succéder les réalisations et la proximité. Or, l'enjeu des semaines à venir est de faire tomber le  doute qui s'est installé sur la capacité de la majorité à s'émanciper du chef.

En revendiquant le statut de parti start-up ou en multipliant les annonces d'efficacité prochaine, de pragmatisme potentiel, d'efficacité du 'team building', dont on a vu que le premier séminaire a manqué son objectif, provoquant l'ire de l'Elysée, LREM a placé la barre hors de sa portée. Ses membres prétentieux ont affiché leur incompétence à l'Assemblée et le registre managérial ne fait plus illusion, la "société civile" sur laquelle le candidat Macron misait, s'est révélée inadaptée : les start-uppers ont tout à prouver, et singulièrement sur la durée. 

Le président profite des défaillances des élus. Son avantage est-il de les laisser s'émanciper ? La démocratie y aura tout intérêt, si elle parvient à contrebalancer la propension du chef de l'Etat à s'engouffrer dans les failles de ses interlocuteurs. Les jeunes députés se hisseront-ils à la hauteur de la tâche où on les attend ou leurs défaillances profitent-elles à leurs cadres et à la garde rapprochée du président, éprise comme lui de verticalité et de pouvoir, sans partage, renforçant alors les déceptions et les frustrations, mais surtout, fixant durablement le déséquilibre entre les pouvoirs déjà créé... Si la centralisation du pouvoir, la volonté de modernisation numérique et la rhétorique marketing doit continuer, la crise démocratique ne sera pas surmontée. 

Le risque d'un parti au pouvoir est de perdre du poids, de l'efficacité et de la crédibilité.

Or, LREM n'a rien à perdre des trois. Il est pléthorique et son embonpoint le paralyse. Il est inefficace, puisque le président le contourne et décide par ordonnances. Sa crédibilité est si faible que ses membres sont déjà considérés comme des "godillots". Comme sous le quinquennat de François Hollande, les députés ne se sont encore pas distingués par des propositions innovantes. Ils se font une gloire de voter sans broncher tout ce que propose le président...

La majorité présidentielle n'a toujours pas compris qu'en démocratie, le pouvoir vient du peuple et que la fonction d'écoute des aspirations des militants et de traduction  des volontés des électeurs leur incombe.

La sanction n'a pas tardé. Il n'y aurait déjà plus que 120.000 adhérents actifs. LREM a renforcé la technocratisation du politique et l'imagination est forcément bridée par les schémas de pensée issus d'en haut. D'autant plus que LREM dispose de peu d'élus locaux et que ses députés sont souvent sortis d'une entreprise -certes ambitieuse- mais souvent petite et non consolidée par le temps. Ce parti hors sol s'alimente  faiblement du retour de terrain.

Et Christophe Castaner est un homme de cabinets ministériels tardivement converti  au terrain...
Mais il ne connaît que Forcalquier -4.600 âmes- et sa région, PACA, n'a découvert ce "cacou" qu'en 2015, pour le quitter sans regret à la Régionale. 
Selon l’association Contribuables Associés, l’ancien maire y laisse un bilan pour le moins contrasté. Assommée par une lourde dette qui atteignait encore 7,8 millions d’euros fin 2016 (soit 1.500 euros par habitant, deux fois plus que la moyenne des communes de même taille), la petite bourgade se retrouve aujourd’hui avec des marges de manoeuvre financières réduites. Qu’il s’agisse de la commune ou du groupement de communes, les capacités d’autofinancement se situent en-dessous de la médiane des municipalités de tailles équivalentes, selon les données ...du ministère des Finances.
Au niveau local, certaines voix critiquent
la frénésie de grands projets initiés par l’ancien maire. "Alors que Christophe Castaner s’était engagé dès 2001 à redresser une ville au bord du gouffre - ce qu’il a réussi à faire un temps -, celui-ci s’est ensuite lancé dans une série de lourds investissements sans précisément mesurer le retour sur investissement que l’on pouvait en attendre."
Le parti du président promoteur d'un "monde nouveau" veut reproduire une pratique reprochée à l'"ancien monde"
Castaner veut cumuler sa fonction gouvernementale de secrétaire d'Etat et être chef de parti -celui du président !- bafouant ainsi le principe de séparation des pouvoirs entre exécutif et législatif. 
Pour les démocrates, la charge des Relations avec le Parlement et celle de la défense des  intérêts de parti sont incompatibles. Pour la majorité présidentielle et le président actuels, rien n'est impossible...

Pour commencer, la désignation de Christophe Castaner à la tête de LREM s'est faite sans les électeurs, ce qui choque le Républicain qui sommeille en chaque Français, sans déranger Macron Bonaparte, alors qu'à l'origine, nombre d'adhérents du parti sont dits proches d'une culture sociale-démocrate, tandis que le président-souverain a lui-même servi un pouvoir socialiste. Paradoxe, certes, mais signal d'alarme, assurément.

Le troupeau bêlant des élus LREM désorientés

"Les élus ne savent pas où l'exécutif veut les conduire," observe Olivier Rouquan 

Un entretien du politologue, consultant, enseignant-chercheur en science politique avec ladepeche.fr, publié ce lundi 20 novembre 2017.

Baisse des dotations, suppression de la taxe d'habitation, des emplois aidés, etc. Les élus ont-ils raison d'être en colère ?

Le congrès sera un bon indicateur pour connaître l'humeur de nombre d'élus locaux vis-à-vis de ce gouvernement qui, en effet, ne ménage pas les milieux territoriaux, à la fois par les décisions prises pour 2017 et parfois par le discours tenu. D'un autre côté, semble-t-il, le gouvernement parvient de temps en temps à discuter. Par exemple, lors du discours sur la politique de la ville de cette semaine qui n'a pas été forcément mal reçu. Mais la décision sur les emplois aidés dans ces quartiers ou plus largement la baisse des APL et toute la politique du logement, ou encore la baisse de la dépense publique locale, qui serait ciblée sur les grandes agglomérations, tout cela montre qu'il y a encore beaucoup de conditionnels, beaucoup de flou. On a des élus locaux qui sont inquiets et qui ne savent pas du tout pour l'instant où cet exécutif veut les conduire. [L'exécutif lui-même sait-il où il va ?]

Emmanuel Macron arrivera-t-il dans ce contexte à mettre en place son «pacte de confiance» avec les élus dont la grogne semble dépasser les clivages politiciens ?

Quand on a de l'inquiétude et de la crainte, c'est difficile de susciter la confiance. La confiance, ça se construit. Pour l'instant, on n'a pas l'impression qu'il y ait véritablement une association, une co-construction de projets territoriaux entre les associations d'élus et le pouvoir exécutif. On est plus sur des annonces parfois contradictoires. La confiance n'y est pas pour l'instant. Au-delà des questions fiscales et financières comme la taxe d'habitation – qui est un enjeu majeur, mais dont ne sait pas grand-chose sur ce qui va la remplacer – il y a aussi en ligne de mire la question des métropoles et des départements. C'est une vraie interrogation. Au-delà de l'inquiétude des maires ruraux, des petites intercommunalités, beaucoup de départements ne savent pas à quelle sauce ils vont être mangés. Tous ces points s'ajoutent… En toile de fond, on a beaucoup d'incertitude sur la stratégie de la République en Marche (LREM) vis-à-vis des collectivités locales.
 
Pour l'instant, ce parti n'est pas hors sol mais a été construit très vite et n'a pas beaucoup d'élus locaux. Les collectivités locales sont tenues par les partis classiques. La question qui se pose est : est-ce que la dynamique En Marche va se territorialiser et à quel prix cela va se faire pour les formations classiques ? Est-ce que ça va être la déstabilisation d'exécutifs locaux ? Est-ce que ça sera une transition lors des prochaines échéances électorales où il y aura de nouveaux candidats LREM ? Il y aura beaucoup de tensions politiques.

Finalement, derrière ces tensions, n'y a-t-il pas la difficulté de réformer le mille-feuille administratif français ?

On le dit depuis vingt ans… Et malgré tout, contrairement à un a priori, la France a beaucoup réformé ses territoires, notamment lors du dernier quinquennat. La question qui se pose est que pour l'instant on ne sait pas ce que pouvoir veut faire, c'est anxiogène. On ne peut pas travailler en confiance sans clarifier certaines lignes de la réforme. Pour l'instant, on ne sait pas ce que veut faire ce pouvoir des départements, des métropoles. 

On ne sait pas non plus s'il y aura une réforme fiscale décentralisée et dans quel sens ça ira. C'est sur cette somme d'incertitudes que se noue ce début de quinquennat et, pour l'instant, on ne peut pas dire que ça parte du bon pied.
Propos recueillis par Philippe Rioux

dimanche 19 novembre 2017

Arnaud Montebourg continue son cinéma, officiellement

Nono récidive dans le cinéma...

Il rêve maintenant de s'étaler sur tous les écrans de France

Il a été avocat. On l’a connu homme politique, puis ...entrepreneur (Habitat): l'ancien ministre va bientôt faire ses débuts officiels de comédien au cinéma !

L’ancien ministre de l’Économie et candidat à la primaire de la gauche début 2017 Arnaud Montebourg fera une apparition dans la suite de la comédie "Neuilly sa mère !".


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Le long-métrage, dont la réalisation a été confiée à Gabriel Julien-Laferrière et Djamel Bensalah, sortira pour l’été 2018, neuf ans après le premier de la série qui racontait le choc des cultures entre un gamin issu de l'immigration et sa tante de Neuilly-sur-Seine. Au casting : Samy Seghir, Jérémy Denisti, Denis Podalydès, Valérie Lemercier, François-Xavier Demaison et la mégère Sophia Aram.


Le cabotin jouera son propre rôle : un prof de Science-po - qui a échoué au concours d'entrée de l'ENA - issu d'une famille arabe algérienne par sa mère. Les scènes ont déjà été tournées il y a quelques jours dans les locaux de l’Institut d’études politiques de Paris. On ne sait rien de plus sur cette apparition.


A sa sortie en 2009, "Neuilly sa mère !" avait attiré 2,5 millions de spectateurs. Le film racontait l’histoire d’un jeune de cité contraint de déménager chez sa tante à Neuilly-sur-Seine, quartier chic de Paris.


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Au revoir...  Adieu !
S'il tient à s'exhiber, on peut l'aider à se vautrer: boycottons ce film !
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La dure vie d'artiste, ici, avec Filippetti, son ex-épouse 
En octobre 2015, en effet, il a fait son entrée au capital de New Wind, une start-up conceptrice d'éoliennes domestiques. Il injecta 56.000 euros au capital et alors qu'il était devenu président du conseil de surveillance, sa société fut mise en liquidation judiciaire en mars 2017. 
L'ancienne ministre de la Culture, Aurélie Filippetti, qui donna naissance en septembre 2015 à leur fille, Jeanne, née deux mois avant terme, jugea bon d'en profiter pour le quitter, début 2017.

Le groupe sidérurgique Ascometal (ex-Usinor), proche du dépôt de bilan

Le rafistolage franco-français d'Arnaud Montebourg n'a pas tenu
Le groupe sidérurgique français Ascometal, en grandes difficultés financières, devrait déposer son bilan en début de semaine prochaine


Son placement en redressement judiciaire se précise, selon une information du Figaro, samedi. Le fabricant d’aciers spéciaux (pour la mécanique, l’automobile, l’industrie des hydrocarbures) qui emploie près de 1.550 salariés, devrait "se déclarer en cessation de paiement dans les prochains jours" auprès du tribunal de grande instance de Strasbourg, a déclaré Cyril Brand, élu CFDT de l’entreprise. Cette procédure judiciaire, synonyme d’un dépôt de bilan, pourrait être engagée dès lundi, précise-t-il.

L’objectif est de trouver "un repreneur sérieux" pour Ascometal l’entreprise, 
Résultat de recherche d'images pour "Montebourg Ascometal"a-t-il ajouté. Cette nouvelle a été annoncée par la direction vendredi en comité central d’entreprise (CCE). "Il y a encore des discussions" avec les partenaires, notamment "sur le calendrier". La direction d’Ascometal, entreprise détenue par un consortium d’investisseurs majoritairement français, et qui possède des sites sidérurgiques à Hagondange (anciennement Sollac, Moselle), Dunkerque (anciennement Usinor, Nord) et Fos-sur-Mer (anciennement Solmer, Bouches-du-Rhône), n’avait pas confirmé samedi midi. 

Le ministère de l’Economie a assuré "suivre le dossier de près". 
"On travaille avec l’entreprise pour trouver un repreneur", a ajouté Bercy. 

Le socialiste Montebourg n'a rien réussi de durable

Résultat de recherche d'images pour "CGT Ascometal"Ascometal, ancienne filiale d’Usinor, avait déjà été placée en redressement judiciaire en mars 2014, avant d’être reprise en mai 2014 par Frank Supplisson, associé à des investisseurs français et européens, sous la houlette du ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg.
L'offre franco-française avait le soutien de l'Etat et de la CGT, le premier syndicat de l'entreprise.
 
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Le tribunal de commerce de Nanterre avait choisi l'offre de reprise française, portée par l'énarque Supplisson (actuellement adjoint aux sports à la mairie de Montargis) et l'industriel Guy Dollé (ex-directeur général d'Arcelor), pour le groupe sidérurgique Ascométal. Preuve qu'en toutes circonstances et dans tous les domaines, les juges sont compétents ?

Le sauveteur socialiste n’a toutefois pas permis à l’entreprise de rebondir. 
"Cela fait trois ans qu’on se contente de survivre", a souligné Cyril Brand. "On est très inquiet. Il faut qu’on trouve un repreneur sérieux et qu’on sorte de cette situation". 

Compte parmi ses clients Renault, Bosch, Fiat, Toyota, BMW ou la SNCF, le groupe a changé de patron fin 2016, deux ans et demi après avoir repris le poids lourd des aciers spéciaux avec la nomination d’Alex Nick, à la place de Frank Supplisson. A. Nick était auparavant directeur des produits longs d’ArcelorMittal North. 
Selon Le Figaro, le groupe a réalisé en 2016, 377 millions d’euros de chiffre d’affaires contre encore 500 millions d’euros en 2015, selon le site du groupe. 

Le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, avait évoqué la fragilité financière du groupe

En octobre, au cours d’un entretien, le ministre de Macron avait critiqué les choix effectués par Arnaud Montebourg en 2014. "Il y avait une proposition d’achat par des investisseurs étrangers solides"

Mais le 'redresseur improductif' "a préféré bâtir de bric et de broc une solution franco-française qui est tombée quelques années plus tard" et "qui menace désormais les salariés", avait-il accusé.